C’est probablement la question qui revient le plus souvent en premier appel. Je vais essayer d’y répondre sans détour, en sachant que la réponse exacte dépend de quatre ou cinq variables que je vais détailler.
Pour donner un cadre tout de suite : un CTO externalisé sérieux, en France, sur un forfait mensuel récurrent, ça démarre rarement en dessous de cinq mille euros mensuels et ça peut monter au-delà de quinze mille selon la mission. Hors mission ponctuelle de diagnostic, qui est un autre format.
Ce qui rend cette fourchette aussi large, c’est que l’étiquette « CTO externalisé » couvre des réalités très différentes. Certains vendent ça comme du conseil ponctuel deux jours par mois. D’autres comme un binôme opérationnel à mi-temps. Les deux sont des CTO externalisés. Les deux n’engagent pas le même niveau de présence ni le même type de livrables.
Les quatre variables qui font le prix
L’intensité hebdomadaire. Une présence d’une demi-journée par semaine, ce n’est pas la même chose qu’une mobilisation de deux jours par semaine. La plupart des missions que nous signons sont entre une et trois journées hebdomadaires sur la durée du contrat. Plus on monte en intensité, plus on monte en mensualité.
La durée d’engagement. Une mission engagée sur six mois ne se facture pas pareil qu’une mission sur dix-huit mois. Sur du long, on consent un effort sur le tarif unitaire parce qu’on visibilise mieux notre carnet et qu’on amortit l’apprentissage du contexte client.
Le périmètre de responsabilité. Si on engage juste un rôle de conseil et de revue, c’est un niveau de prix. Si on engage la gouvernance complète avec pilotage des prestataires en aval, des recrutements techniques, et un engagement contractuel sur des livrables précis, c’est un autre niveau. Plus on prend de risque opérationnel, plus on facture en conséquence.
La criticité business. Sur un sujet de modernisation tranquille, à rythme normal, c’est un prix. Sur un sujet de remise sur les rails d’un projet en perdition avec deadline tenue contractuellement, c’est plus cher. Pas par cynisme, par calcul de la valeur livrée et du risque pris.
Ce que ça remplace, et ce que ça ne remplace pas
Mon point de comparaison habituel : un CTO interne sénior coûte, en année pleine, entre cent vingt et cent quatre-vingts mille euros chargés. Ça veut dire entre dix et quinze mille euros par mois en moyenne. Avec un préavis de plusieurs mois en cas de désengagement. Et un délai de recrutement de six à neuf mois.
Un CTO externalisé à dix mille mensuels, sur une mission de douze mois, ça représente cent vingt mille euros annualisés. À première vue c’est équivalent. Sauf que vous bénéficiez d’un démarrage en deux semaines, d’un risque contractuel porté côté prestataire, et d’une sortie négociable selon les clauses (typiquement trois mois côté agence vs neuf à douze côté CDI).
Pour une mission de douze à dix-huit mois bien cadrée, on est compétitifs. Pour un besoin permanent qui s’étale sur cinq ans, le calcul économique penche vers le recrutement interne. C’est ce que je dis sans détour quand on me sollicite.
Pourquoi je refuse de chiffrer en premier appel
J’ai pris l’habitude de ne pas annoncer un chiffre dans les vingt premières minutes. Pas pour cultiver le mystère, mais parce que les missions où j’ai donné un prix avant d’avoir compris le contexte sont systématiquement celles qui dérapent.
Mon protocole : un diagnostic court de deux à cinq jours, rémunéré, qui produit un plan d’action chiffré. Ce livrable vous appartient, même si vous décidez de ne pas continuer avec nous. C’est dans cette phase qu’on cale les quatre variables ci-dessus, et qu’on signe ensuite sur un forfait précis.
Si vous voulez creuser ce point, on a écrit comment on cadre un diagnostic en cinq jours et pourquoi un format au forfait est plus pertinent qu’une régie au taux journalier.
Le piège des prix planchers que je vois
Je vois aussi passer des annonces de CTO externalisés à mille cinq cents ou deux mille euros mensuels. C’est presque toujours soit du conseil très ponctuel (une demi-journée par mois max), soit des juniors qui apprennent sur le tas. Ça peut convenir à des structures très petites ou très peu mâtures, mais ça ne tient pas le rôle qu’on entend habituellement derrière le terme. Méfiance.
Pour aller plus loin
Si vous voulez creuser la question, lisez CTO interne vs externalisé : comment choisir et trois signaux qu’il est temps de faire entrer un CTO externalisé. Et si vous voulez qu’on discute concrètement de votre cas, un quart d’heure suffit.